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Le football français dégradé

26 avril 2013 - 18:42

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La France dégradée FFf



Doublé par le Portugal, le championnat national perd une place au classement européen.

Les autorités du foot annoncent un «examen de conscience» pour enrayer le déclin.
Par DOMINIQUE ALBERTINI

Pour les amateurs de football, c'est un peu l'équivalent d'une perte de «triple A». Après la piteuse élimination de Marseille par le Bayern Munich en Ligue des champions, non seulement la France n'a plus aucun représentant en Coupe d'Europe, mais le championnat national recule d'un cran dans le classement de l'Union européenne de football (UEFA). Doublé par le Portugal, l'Hexagone est ne pointe plus qu'en sixième position; soit celle d'un pays de second rang pour le sport le plus populaire du monde.


Question de priorités

Certes, l'ambassadeur lusitanien en Ligue des champions - le Benfica Lisbonne - a lui aussi quitté l'aventure en quarts de finale. Mais, dans le même temps, le Sporting Portugal, autre formation lisboète, se hissait en quarts de l'Europa League. Cette coupe d'Europe «bis» est souvent négligée par les clubs français, qui préfèrent réserver leurs forces pour le championnat national. Ni le PSG ni Rennes n'ont passé, cette année, les phases de poules.

Les clubs portugais n'ont pas ces scrupules : en 2011, c'est même une finale 100% lusitanienne qui a opposé le FC Porto au Sporting Braga. Logiquement, le Portugal accumule les points à l'indice UEFA, calculé sur cinq ans glissants. L'autre pays du coq s'est hissé de la 10e place, en 2008, à la 5e aujourd'hui, tandis que la France voyait sa moyenne stagner.

Conséquence pour notre championnat : le club classé troisième devra désormais passer par deux tours préliminaires pour être qualifié en Ligue des champions, contre un seul actuellement.
Déclin

Rien d'insurmontable, toutefois. Parmi les adversaires potentiels de cette année, les peu redoutables Rubin Kazan (Russie), Odense BK (Danemark) et FC Vaslui (Roumanie). De plus, le calcul sur cinq ans ne concernera bientôt plus la mauvaise saison 2007-2008, et la France peut donc espérer un proche rebond au classement. Mais c'est la sale dynamique d'un foot français incapable de jouer pour la gagne qui inquiète.

Certes, il y a les millions investis par le Qatar dans le Paris-Saint-Germain, la hausse du nombre moyen de buts par match en Ligue 1, la construction ou la rénovation de plusieurs grands stades en vue de l'Euro 2016. Certes, les deux principaux championnats, anglais et espagnols, croulent sous les dettes. La Bundesliga allemande ne fait rêver personne, tandis que la série A italienne s'est mal relevée de plusieurs affaires de triche et de dopage.

Mais le palmarès ne ment pas : fier de ses «grosses écuries» lyonnaise, marseillaise ou parisienne, l'Hexagone n'a jamais décroché qu'une ligue des Champions en quatre-vingts ans de professionnalisme. Quand même les Pays-Bas en raflaient six, par trois clubs différents.
«Examen de conscience»

Le recul français au classement UEFA n'est pas une surprise pour les autorités du foot. L'évènement, «écrit et inéluctable», est jugé «anecdotique» par Frédéric Thiriez, dans l'Equipe. Pour le patron de la Ligue de football professionnel, les clubs nationaux sont handicapés par le niveau des charges sociales.

Mais Thiriez reconnaît également la nécessité d'un «examen de conscience collectif sur la priorité donnée ou non aux Coupes d'Europe». Et annonce pour «cet été au plus tard» une «réflexion d'ensemble sur le foot professionnel français». Parmi les sujets à discuter, le nombre de clubs de L1 - faut-il revenir à dix-huit ? -, «le nombre de descentes ou de montées, la répartition des droits (télé) ou la solidarité avec le monde amateur et la L2».

Le président de la Ligue mise enfin sur la prochaine mise en place, par l'UEFA, des règles de «fair-play financier». En limitant l'endettement des clubs, celles-ci pourraient combler une partie du fossé financier entre les grosses écuries européennes et les clubs français. Reste à prouver que l'ambition et le fond de jeu sont des questions de budget.

source:liberation.fr

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